Espace PatientsLa Maladie Veineuse

Moi aussi, j’ai des varices, les varices chez l’homme

Homme varices

Contrairement aux idées reçues, les hommes aussi ont des varices.

Les hommes et les varices

En France, 20 à 35% de la population générale est porteuse de varices des membres inférieurs (HAS), c’est-à-dire que plus de 20 millions de français sont actuellement concernés par cette pathologie. Loin d’être épargnés, les hommes seraient atteints dans au moins un tiers des cas comparés aux femmes, voire 50% des cas pour les stades avancés, selon certaines études.

Les varices sont-elles différentes chez l’homme ?

varices hommes

Comme chez la femme, le facteur héréditaire joue un rôle important chez l’homme, et il est possible de voir des varices apparaitre dès l’adolescence.
Pour le sexe masculin, l’évolution des varices est épargnée par l’influence hormonale, et bien sûr par celle des grossesses, mais on note certains facteurs favorisants et aggravants identiques à ceux retrouvés chez la femme, tels que les conditions de travail (piétinement prolongé, service de bar et de restauration, vente en magasin, coiffure, …).
Les hommes souffriraient de la même façon que les femmes de lourdeurs, sensations de gonflement, douleurs, mais consultent plus tardivement.
La consultation retardée chez l’homme est une constatation observée dans de nombreux domaines médicaux, mais pour les varices, il est probable que les femmes consultent plus rapidement également en raison de préoccupations esthétiques et de pressions ou influences socio-culturelles auxquelles ne sont pas soumis les hommes.
De plus, les stades peu évolués avec télangiectasies (varicosités) sont sans doute moins présents chez l’homme, ou moins visibles ou exposés (peau épaisse, pilosité, port de pantalons…).
Quelles qu’en soient les raisons, globalement ce retard de l’homme à consulter a pour conséquence une prise en charge également retardée et à un stade plus avancé de la maladie variqueuse.

Traitement des varices chez l’homme

Dans toutes circonstances, le traitement des varices doit être précédé d’un état des lieux, fait par un médecin vasculaire. Ce dernier établira, par un examen clinique et un examen écho-Doppler veineux l’importance de la maladie variqueuse, ainsi que les risques et le potentiel évolutif de celle-ci.

Si nécessaire, une prise en charge est proposée, avec différentes options le cas échéant.
Il est en effet possible d’avoir recours à différents types de traitements, qui peuvent parfois être associés :

Homme varices

En résumé, les varices chez l’homme existent et ont une fréquence proche de celle retrouvée chez la femme. Elles sont souvent diagnostiquées à un stade plus avancé car l’homme consulte trop tardivement. S’agissant d’une maladie chronique et évolutive, les risques d’aggravation et de complications des varices augmentent avec l’âge. Les complications sévères sont identiques à celles retrouvées chez la femme : thrombose veineuse profonde ou superficielle (phlébite) et ulcère de jambe.

Références :

Etude épidémiologique « Bonn Vein Study »
Occlusion de grande veine saphène par Radiofréquence par voie veineuse transcutanée. Service évaluation des actes professionnels. Rapport de la Haute Autorité de Santé (HAS), avril 2008 ; http://www.has-sante.fr

Espace PatientsLes traitements des varices

La contention et la compression veineuse

Bas de compression varices

Anciennement appelés « bas à varices » dans le langage courant, les bas de compression ont vu leur image se moderniser depuis 15 à 20 ans. En effet, pour la contention et la compression veineuse, les matériaux se sont améliorés de façon spectaculaire, permettant de réaliser des modèles de bas plus confortables et esthétiques, alors que l’efficacité est préservée.

C’est quoi la différence entre contention et compression ?


La contention
s’oppose passivement à l’augmentation du volume du membre inférieur lors de chaque contraction liée à la marche. Il s’agit donc d’une bande non élastique ou peu élastique qui exerce très peu de pression sur la peau et les tissus sous-jacents au repos, mais qui, lors de la contraction musculaire, génère une forte pression, donc à chaque pas. La contention est réalisée par des bandes inélastiques ou peu élastiques.
La compression, quant à elle, exerce une pression sur le membre inférieur, aussi bien au repos qu’à l’effort. Il est en général conseillé de la retirer la nuit. La compression peut être réalisée par des bandes ou par des bas. Par «bas», on entend chaussettes (s’arrêtant juste sous le genou), bas-cuisses (s’arrêtant à la racine de la cuisse) ou collants.
Les bandes sont plutôt utilisées pour une courte durée, alors que les bas sont mieux adaptés à une utilisation à long terme.

Est-ce que c’est plus efficace de porter des bas-cuisses ou des collants que des chaussettes ?

Il n’y a pas de différence d’efficacité démontrée entre les différents types de bas. La culotte des collants, même des collants de maternité, n’a aucune efficacité compressive. En l’absence d’indication médicale particulière, le choix se fera sur le type de bas le plus confortable à porter pour le patient. Si vous avez une préférence ou des habitudes, n’hésitez pas à le signaler à votre médecin.

C’est quoi les classes de compression contention ?

Le choix de la force de compression est, en revanche, médicalement très important et il est fait par le médecin, en fonction de chaque cas.  Il existe ainsi pour les bas, quatre « classes » de compression, allant de la compression la plus faible à la plus forte (1-4), avec une réglementation précise. Pour la France on distingue ainsi : classe 1= 10-15 mmHg, classe 2= 15-20 mmHg, classe 3=20-36mmHg, classe 4= plus de 36 mmHg.

La compression médicale – HAS – novembre 2010

À quoi ça sert la compression ?

La compression représente la base du traitement de la maladie veineuse. Elle a des indications même à un stade précoce de la maladie veineuse.
Les bas et bandes exercent une pression dégressive, c’est-à-dire que la pression exercée est plus élevée en cheville et diminue progressivement vers le haut de la jambe. Ainsi, le retour veineux est amélioré et globalement la circulation dans la jambe se fait mieux, car le sang y est mieux oxygéné et les tissus et la peau mieux « nourris ». Selon le type et le stade de votre maladie veineuse, l’effet visé sera :

  • de soulager ou prévenir les symptômes (lourdeurs, douleurs, sensations de jambes lourdes …), effet particulièrement utile pour les professions sédentaires ;
  • d’éviter ou de diminuer l’œdème de jambe,
  • d’éviter ou de traiter des complications de la peau liées à votre insuffisance veineuse,
  • d’aider à la cicatrisation d’un ulcère,
  • de prévenir ou traiter la « phlébite » , ou «thrombose veineuse » (caillot de sang dans une veine).
expliquer la compression des bas varices


Attention, les bandes et bas de compression sont des dispositifs médicaux et ne doivent pas faire l’objet d’une automédication
. C’est pourquoi on parle souvent de bas médicaux de compression.

Tous les bas ne se valent pas. Ils seront prescrits pour être adaptés à votre type de maladie veineuse, à son stade d’évolution et à votre morphologie. Leur indication sera portée par votre phlébologue ou médecin vasculaire, après examen clinique et écho-Doppler.
Ainsi, par exemple, tout oedème n’est pas forcément veineux et d’autres causes, telles que cardiaque, rénale, thyroïdienne…, ou l’implication de la prise d’un médicament, doivent être éliminées. D’autre part, l’artérite sévère (artères qui se bouchent dans les jambes) peut constituer une contre-indication pour la compression, ou imposer de changer de classe.

Je n’arrive pas à enfiler mes bas de compression.

Il existe des techniques très simples d’enfilage des bas, visionnez la vidéo.

Si vous avez de l’arthrose ou autres difficultés physiques à mettre vos bas, parlez-en à votre phlébologue ou à votre pharmacien, vous pouvez utiliser des dispositifs permettant d’aider à l’enfilage des bas. Le type de bas peut également être choisi en fonction de vos difficultés d’enfilage.

J’ai des irritations à la cuisse à cause de mes bas de compression.

Les patients parlent souvent d’allergie aux bas lorsqu’ils ont des irritations de la peau voire des « cloques », à l’endroit d’adhérence du bas à la cuisse (pour éviter qu’ils glissent). En fait, il ne s’agit pas, le plus souvent, d’une allergie, mais d’un bas mal adapté. Appliquez bien vos bas selon les conseils de pose et parlez-en à votre phlébologue, ou faites reprendre les mesures par votre pharmacien.

La délivrance de bas doit, en effet,  toujours être faite après mesures de vos jambes en différents points. Ces mesures sont faites soit par votre phlébologue, soit par votre pharmacien. Les modes d’enfilage, de pose, de port vous seront expliqués par eux également. Il est important de suivre conseils et prescription. En effet, un bas posé ou porté de façon inadaptée risque non seulement d’être inefficace, mais peut même parfois, avoir des effets négatifs sur votre circulation ou votre qualité de vie.

Est-ce que je n’ai droit qu’à 2 paires de bas par an ?

Sur prescription, les bas médicaux de compression donnent lieu à un remboursement par les assurances maladie. Le nombre de prescriptions n’est pas limité à 2 paires de bas par an. Votre médecin est en droit de vous les prescrire sans limitation, mais dans les limites d’un usage raisonnable. Il faut cependant noter que face à certains abus, un certain nombre de caisses régionales d’assurance maladie s’arrogent maintenant le droit de limiter, pour leur région, le nombre de paires remboursables par an et par patient.

C’est quoi les bas des sportifs ?

Leur principe est différent. Par rapport aux bas « classiques », la dégressivité de la pression entre cheville et mollet est ici moins importante. La  pression exercée au niveau des masses musculaires du mollet reste donc élevée, avec pour but de favoriser la circulation musculaire. Il en existe 2 types : l’un est porté durant l’activité sportive, et l’autre est conçu pour la récupération, après l’effort. Il ne s’agit pas de bas médicaux, ils ne sont pas remboursables.

Référence :

La compression médicale dans les affections veineuses chroniques. Bon usage des technologies de santé, HAS, décembre 2010

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Je cherche un Phlébologue

je cherche un phlebologue

 » J’ai 24 ans, et déjà les jambes pleines de varices, on va dire des petites veinules visibles et souvent douloureuses, je cherche un phlébologue dans la région, qui pourrait me conseiller et qui pourrait m’enlever tout ça avec ses douleurs ….
merci d’avance « 

 » J’ai beaucoup de varicosités sur les jambes et ça me gâche la vie. Pour le moment, mon problème n’est que esthétique, car je n’ai pas de douleurs ou autres…mais c’est tellement moche que je ne porte pas de robes, jupes, short, maillot de bain…rien qui ne montre ne serait ce qu’un peu mes jambes. Je vous laisse imaginer quel calvaire l’été est pour moi, c’est pourquoi, je cherche un phlébologue.
Connaissez-vous un bon phlébologue ? « 

Vous cherchez un phlébologue

je cherche un phlebologue

À travers ces extraits pris dans les forums, il est évident que de nombreuses personnes cherchent un phlébologue près de chez elles, pour prendre en charge leurs problèmes de jambes et d’insuffisance veineuse ou pour réaliser un Doppler veineux.
La Société Française de Phlébologie (SFP) est une société savante, née en 1947, qui regroupe au niveau national et international quelques 1300 médecins qui s’intéressent à la phlébologie.
Pour répondre à ces recherches, la Société Française de Phlébologie a mis en place des annuaires de ses membres. Ainsi en utilisant ces annuaires, vous trouverez facilement, un phlébologue adhérant à la SFP, près de chez vous.

Je cherche un Phlébologue

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Le Dico du Phlébologue

Le dico du phlébologue

Dictionnaire de la phlébologie

Qu’est-ce que la phlébologie ?

schéma de la cirulation sanguine

La Phlébologie est la spécialité qui concerne le diagnostic et le traitement des Maladies des Veines. C’est une partie importante de la Médecine Vasculaire (ou Angiologie) qui s’occupe également des artères (artériologie), des vaisseaux lymphatiques (lymphologie) et des vaisseaux microscopiques (microcirculation).

Tous ces vaisseaux communiquent entre eux et les maladies des uns peuvent retentir sur les autres.

Les Maladies des Veines atteignent surtout les membres inférieurs. Certaines maladies sont « aiguës » comme les « Phlébites » : formation brutale d’un caillot (thrombose) dans une veine profonde (veine dans les muscles) ou superficielle (veine entre peau et muscles). D’autres maladies sont chroniques comme les varices et leurs complications (taches pigmentaires cutanées, eczéma variqueux, inflammation  cutanée, ulcère de jambe).

Qu’est-ce qu’un phlébologue ?

C’est donc le Phlébologue (ni vénologue – ça n’existe pas- ni vénérologue – il s’occupe des maladies vénériennes !) que votre médecin traitant vous enverra consulter si vos symptômes de mauvaise circulation veineuse (jambes lourdes, sensation de gonflement des chevilles ou des mollets, crampes …) résistent aux petits traitements habituels, ou si vous présentez des varicosités (disgracieuses) ou des varices avec ou sans complications. C’est également vers lui que vous serez adressé, de façon plus urgente, si vous avez des signes de thrombose veineuse (phlébite).

Que fait le phlébologue ?

examen des veines des jambes

Le phlébologue vous interrogera sur vos antécédents familiaux (en particulier varices et thrombose veineuse où il y a souvent un lien familial), vos antécédents personnels et vos symptômes.

Puis, il vous examinera minutieusement les jambes, avec les yeux, mais aussi avec les mains, par la palpation.
Très souvent un examen par échodoppler des veines des membres inférieurs sera indispensable. Cette échographie particulière permet de contrôler le sens du flux sanguin (normal ou non) et l’état des veines ; elle permet également de déceler d’éventuels caillots. Le phlébologue fera lui-même cet examen nécessaire pour un diagnostic précis et vous indiquera le meilleur traitement.

Echographie des veines des jambes

Votre spécialiste pourra soulager vos symptômes, traiter vos varices, empêcher les complications d’apparaitre (si vous ne consultez pas trop tardivement), mais s’agissant d’une maladie héréditaire, chronique et évolutive (évolue dans le temps), il ne pourra pas vous guérir complètement et il vous faudra donc un suivi pour ne pas rechuter.

Les différents traitements que pourra vous prescrire le phlébologue sont les suivants (cliquer sur les mots soulignés pour avoir davantage d’informations):

Ce que vous pouvez retenir du dictionnaire de la Phlébologie

Au total, la Phlébologie est la spécialité qui s’occupe des maladies des veines (en particulier des varices) ; s’il y a un doute sur l’état de vos veines, c’est le phlébologue qui pourra au mieux vous examiner et vous proposer les traitements les mieux adaptés à votre cas. Ces traitements se sont beaucoup améliorés au cours des dernières années.

jambes saines

Lien sur la phlébologie

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La vie de la SFP

La Société Française de Phlébologie (SFP) est une société savante.

Cette société est ancienne puisque sa fondation date de 1947.

C’est une Société Savante

Une société savante est une association d’experts qui par leurs travaux et leur réflexion, font avancer la connaissance dans leur domaine d’activité.

Cette société permet à ces membres

    • de se rencontrer,
    • d’exposer le résultat de leurs recherches,
    • de se confronter avec leurs pairs, spécialistes du même domaine,
    • et enfin de diffuser leurs travaux via une revue.

Des réunions nationalesMembres de la Société Française de Phlébologie

La SFP organise tous les ans deux réunions nationales où ses membres se rencontrent pour présenter leurs travaux dans le domaine de la phlébologie. Leur public est constitué de spécialistes des veines, angiologues / phlébologues Français mais aussi de médecins phlébologues de nombreux pays étrangers, d’Europe et du reste du monde.
Les thèmes de ces congrès sont variés et en rapport avec ce qui touche de près ou de loin les veines et leur pathologie.
La SFP est aussi à l’origine de la création en 1959 de l’Union internationale de Phlébologie qui regroupe des médecins du monde entier sur le sujet de l’insuffisance veineuse.

Des réunions régionales

La SFP organise aussi des réunions régionales aux thèmes plus limités avec un accent plus appuyé sur la pratique médicale de la phlébologie.

Perfectionnement dans la maladie veineuse

La Société Française de Phlébologie n’a pas pour vocation l’enseignement des bases médicales concernant cette discipline aux étudiants médecins. En revanche, elle se doit de veiller à ce que cet enseignement soit de qualité. Dans le cadre du perfectionnement dans le domaine de la phlébologie, la SFP:

    • Organise un Diplôme Universitaire de Phlébologie et de techniques interventionnelles veineuses qui permet aux jeunes médecins français et étrangers d’approfondir leurs connaissances dans le domaine de l’insuffisance veineuse.
    • Est présente, par ses experts, dans des formations universitaires de différents CHU.

La revue Phlébologie Annales Vasculaires

Enfin l’ensemble de ces travaux sont publié dans la revue Phlébologie Annales Vasculaires fondée en 1948, c’est une des plus anciennes revues médicales traitant de la pathologie veineuse.

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J’ai un ulcère

J'ai un ulcère de jambe

Qu’est-ce qu’un ulcère ?

L’ulcère est une plaie de la jambe qui ne guérit pas. Il s’agit d’une perte de substance cutanée dont le temps de cicatrisation, trop long, est supérieur à 1 mois. Il est souvent confondu avec une blessure qui n’arrive pas à cicatriser.
Sa fréquence augmente avec l’âge : 1% après 60 ans, 5% après 80 ans (rapport HAS Ulcère de jambe 2006).

À quoi est dû un ulcère ?

J'ai un ulcere docteur


Une veine est un vaisseau sanguin qui transporte du sang dépourvu d’oxygène, de la périphérie vers le cœur et les poumons afin que ce sang soit enrichi en oxygène. Par opposition, l’artère apporte, à partir du cœur, le sang oxygéné aux organes, et les nourrit. Les capillaires sont des vaisseaux de toute petite taille qui permettent le passage du sang de l’artère vers la veine ; c’est à ce niveau que sont livrés l’oxygène et la nourriture nécessaire au bon fonctionnement de l’organisme.
La grande majorité des ulcères est d’origine vasculaire : veineuse, microcirculatoire (capillaires) ou artérielle ; parfois les causes peuvent s’intriquer, mais quoi qu’il en soit, les ulcères veineux représentent 80% des ulcères. L’ulcère veineux peut être lié à la présence de varices, ou à des séquelles de phlébite (thrombose) sur le réseau veineux profond, ou les deux, mais dans tous les cas, le retour veineux du sang vers le cœur est de mauvaise qualité. (Voir réseaux veineux de la jambe, article « j’ai des varices »)

J'ai un ulcère de jambe

Les veines profondes et superficielles sont munies de valves étagées comportant des valvules (petits clapets), pour éviter que le sang ne descende vers le bas en position debout. Ces valvules s’ouvrent pour laisser passer le sang vers le haut et se ferment pour l’empêcher de redescendre.
– Lors d’une phlébite (thrombose), lorsqu’un caillot se forme sur une veine profonde, il est susceptible d’abîmer définitivement les valvules. Dans ce cas, même lorsque le caillot disparaît, il reste des séquelles valvulaires : on parle de syndrome post-thrombotique.
– Lorsqu’une veine du réseau superficiel devient variqueuse, elle se dilate et les valvules ne fonctionnent plus correctement ; elles ne retiennent pas le sang en position debout.

Dans les 2 cas, le sang, mal oxygéné, redescend et stagne à l’intérieur des veines des jambes, provoquant une hyperpression qui endommage les tissus avoisinants. La peau n’est plus correctement oxygénée et nourrie, et au moindre choc, ou même spontanément, si une plaie se forme elle aura du mal à cicatriser : c’est l’ulcère.

schéma valvules veineuses

Que faire si j’ai un ulcère ?

La première des choses est de consulter rapidement votre médecin.
La prise en charge d’un ulcère doit être faite le plus précocement possible, pour éviter qu’il ne s’étende trop. Vous serez, sans trop tarder, orienté vers un phlébologue/médecin vasculaire qui identifiera la cause de votre ulcère, afin de mieux traiter celui-ci. Un examen clinique avec bilan écho-Doppler (échographie avec étude des flux, qui apparaissent en couleur) permettra ainsi de savoir si la cause est veineuse, artérielle, microcirculatoire ou de plusieurs origines.

Quels traitements ?

Schéma peau avec veines et artères

De nombreux pansements existent, votre médecin vous prescrira le mieux adapté à votre cas. Il n’y a pas de pansement unique, bien souvent durant la prise en charge de votre ulcère il faudra changer de type de pansement pour s’adapter à l’ulcère (pansement qui absorbe si ça coule, pansement gras si l’ulcère est sec, pansement à l’argent si l’ulcère présente des signes d’infection locale…). Les pansements doivent être réalisés par une infirmière. Celle-ci pratiquera aussi parfois une détersion (nettoyage plus important de l’ulcère, pour enlever les débris fibrineux en particulier). Il pourra être proposé pour des ulcères très grands qui ne cicatrisent pas, des traitements plus spécifiques permettant d’accélérer la cicatrisation, et des greffes de peau.

Les causes de l’ulcère


Cependant, le traitement de l’ulcère ne peut se concevoir sans traiter sa cause.
Les ulcères d’origine artérielle ou microcirculatoire feront l’objet d’une prise en charge spécifique.
Concernant les ulcères veineux, la prise en charge de la maladie veineuse repose avant tout sur la compression élastique, qui permet de diminuer l’œdème local et d’améliorer le retour veineux.
Dans un premier temps, des bandes dites multicouches peuvent être posées (plusieurs bandes sont superposées). Dans un deuxième temps, bandes élastiques simples et bas de compression élastique prendront souvent le relais. Le port diurne de bas restera en général définitivement nécessaire, même après cicatrisation de l’ulcère, surtout dans le cas d’un syndrome post-thrombotique.
Concernant les ulcères d’origine variqueuse, la compression bien adaptée et les soins locaux permettent souvent de passer un premier cap. Néanmoins, si l’on veut aider la cicatrisation et surtout, éviter les récidives, il convient de traiter également les varices.
Le phlébologue/médecin vasculaire vous indiquera quelle est la méthode la mieux adaptée à votre cas (sclérothérapie, parfois avec mousse, laser, radiofréquence, chirurgie…).

Les mesures générales sont également très importantes. Êtes-vous à jour au niveau de la vaccination antitétanique ? Mangez-vous équilibré ? Avez-vous besoin de drainages lymphatiques par un kinésithérapeute ?

Des réseaux de soins pour les ulcères, avec coordination de différentes disciplines médicales et paramédicales, se sont mis en place dans de nombreuses villes ; votre médecin vous renseignera à ce sujet.

Comment prévenir l’ulcère ?

L’ulcère veineux est le stade d’évolution le plus sévère de la maladie veineuse chronique.
Les ulcères liés aux varices n’existeraient plus si tous les patients consultaient suffisamment tôt lorsqu’ils ont une insuffisance veineuse.
La meilleure prévention est donc de consulter précocement un phlébologue lorsque vous avez des varices ou des symptômes (« j’ai des varices » « j’ai des jambes lourdes ») pouvant évoquer une maladie veineuse, n’attendez pas les complications !
Suivez ensuite les conseils de votre phlébologue/médecin vasculaire. Celui-ci adaptera la prise en charge de votre maladie en fonction de son stade d’évolution.
Si vous avez présenté une phlébite (thrombose veineuse) par le passé, consultez votre phlébologue/médecin vasculaire afin qu’il refasse le point, sur votre réseau veineux. Il vous donnera les conseils et prescriptions adéquats, notamment concernant le port de bas de compression.
Suivez également les règles d’hygiène de vie conseillées dans l’insuffisance veineuse.

Référence :

HAS 2006 Recommandations: Prise en charge de l’ulcère de jambe à prédominance veineuse hors pansement.

Espace PatientsLes traitements des varices

Les médicaments des veines : Veinotoniques ou médicaments phlébotropes

Prise en charge des maladies veineuses superficielles

Les affections veineuses superficielles représentent une pathologie fréquente et complexe, dont tous les mécanismes de survenue et d’aggravation n’ont pas encore été parfaitement élucidés. Les veinotoniques ou phlébotropes font parties de l’arsenal pour lutter contre les symptômes.

Leur prise en charge comprend deux catégories :

1. Les mesures et traitements non opératoires

  • l’hygiène de vie pour laquelle l’activité physique représente une part importante (voir l’article sur l’hygiène de vie et varices),
  • la compression élastique (voir l’article sur les bas varices)
  • les veinotoniques et phlébotropes

2. Les traitements opératoires, visant à agir directement sur les varices :

L’hygiène de vie et les traitements non opératoires ont leur place à tous les stades de la maladie, avec pour objectif principal d’empêcher la survenue des symptômes veineux ou de les soulager lorsqu’ils sont présents.

Les veinotoniques (phlébotropes) peuvent ainsi être utilisés :

  • dès le stade précoce, soit de façon isolée, pour soulager lourdeurs, douleurs, crampes, sensations de gonflement…, soit en association avec la compression. L’hygiène de vie gardera bien entendu toute sa place.
  • au stade des varices, avec ou sans altération de la peau et des tissus, ils pourront être utilisés de façon adjuvante aux traitements opératoires des varices, si les symptômes sont présents ou persistent.
  • au stade d’ulcère veineux, par leur action anti-inflammatoire, ils pourraient accélérer la cicatrisation, associés aux traitements locaux, à la compression, et aux traitements opératoires le cas échéant.

Les veinotoniques et les phlébotropes ou veinotropes, sont nombreux à être commercialisés. Ils ne sont pas tous équivalents.

Les études réalisées montrent que les veinotoniques et phlébotropes ont deux actions différentes :

  • une action sur le tonus veineux (renforcement de la tonicité de la paroi de la veine), assurée par les veinotoniques
  • une action anti-inflammatoire qui semble être celle qui entraîne le plus d’effets bénéfiques, plus spécifique des phlébotropes. En effet, l’insuffisance des valves provoque une stase du sang veineux au niveau des chevilles et des jambes. Cette stase de sang pauvre en oxygène, augmente la perméabilité des capillaires vers les tissus et favorise l’œdème et l’apparition de phénomènes inflammatoires. Les phlébotropes s’opposeraient à cette inflammation et pourraient également agir contre l’œdème. Ils ont en général également une action sur le tonus veineux.

Certains produits sont d’origine synthétique, mais la plupart sont fabriqués à partir de plantes. Selon les cas et l’indication, ils sont utilisés en « cures » de quelques mois, parfois en continu. Ils peuvent aussi être conseillés de façon plus ponctuelle, comme par exemple pour un voyage long courrier et lors d’un séjour dans un pays chaud (compression élastique mal supportée).
Ils sont globalement bien tolérés, ont peu de contre-indications et peu d’interactions avec d’autres médicaments. Cependant, dans certains cas, des précautions d’emploi peuvent exister.

Certains phlébotropes ont fait l’objet d’études cliniques, mais d’autres traitements sont commercialisés sans avoir fait l’objet d’aucune étude.
Enfin, parmi les produits les plus efficaces, selon le type de symptômes présents, ils n’auront pas tous le même impact.

En résumé, même si les veinotoniques et phlébotropes ne sont pas remboursables et sont en vente libre, il s’agit de médicaments, pour lesquels un avis médical est préférable plutôt qu’une automédication.
En cas de symptômes durables, il est également souhaitable de prendre un avis spécialisé auprès d’un phlébologue/médecin vasculaire, afin de faire une évaluation précise de l’état veineux.

Références :

Ameli-santé 2015 : Traitement des varices des jambes