Congrès SFP décembre 2014

Chez quels patients et à quel moment proposer un traitement thrombolytique ?

M. RODIERE(1), C. MENEZ(2), P. CARPENTIER(2), F. THONY(1)

(1) Clinique Universitaire de Radiologie et d’Imagerie Médicale – (2) Clinique Universitaire de Médecine Vasculaire
CHU GRENOBLE

Dans le cadre des thromboses veineuses profondes proximales des membres inférieures, la fibrinolyse
est à réaliser le plus tôt et pour tous les patients. Cette phrase est à nuancer en connaissance de
cause. C’est-à-dire qu’il existe plusieurs manières de réaliser une fibrinolyse. En effet, quand on parle de
fibrinolyse, on pense tout de suite à la fibrinolyse par voie générale et aux complications hémorragiques
graves induites. Actuellement, cette utilisation ne devrait plus être proposée, car il existe d’autres moyens
de traitement in situ.

La fibrinolyse dirigée par le flux (FDT) ou la fibrinolyse dirigée par cathéter (CDT)
consiste à instiller un fibrinolytique dans le membre atteint ou dans directement dans le caillot. Ceci à
une efficacité meilleure avec moins de complication hémorragique que la fibrinolyse par voie générale. Le
meilleur concept de traitement est la « purge » complète de la veine par l’utilisation de la thrombolyse
pharmaco-mécanique. Il associe un agent fibrinolytique et un système de fragmentation.
Ceci permet d’augmenter la surface d’action du fibrinolytique donc augmenter son efficacité locale
et ainsi de permettre l’extraction du caillot par thrombo-aspiration. Le fibrinolytique est utilisé dans
un système thrombosé non circulant donc il n’y a pas de passage systémique et donc moins de
complications hémorragiques. En associant le traitement d’une lésion veineuse sous-jacente par une
angioplastie et un stenting, on élimine un facteur de retrombose.
Dans la littérature et dans notre expérience personnelle, les résultats à court et moyen terme sont
meilleurs que le traitement anticoagulant en terme de perméabilité, de récidive et de syndrome post
thrombotique, sans complications majeures décrites.

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