Congrès SFP décembre 2014

Comment améliorer le parcours des patients porteurs de plaies chroniques : Centre de cicatrisation, Télémédecine

P. LÉGER

Clinique Pasteur – Toulouse France

Actuellement, en France, la plupart des patients porteurs de plaies chroniques sont suivis à domicile
par l’infirmière et le médecin référent. Lorsque cette plaie est trop complexe, les patients sont souvent
hospitalisés pour une longue durée. Il s’est développé, depuis plusieurs années, des structures
intermédiaires entre une hospitalisation de longue durée et le domicile.

Ces structures se présentent sous plusieurs formes.

Des consultations de cicatrisation multidisciplinaires avec un médecin et une infirmière. Ceci permet
de faire un diagnostic étiologique, d’orienter le patient quand cela est nécessaire vers une structure
possédant le plateau technique adéquate. La prise en charge est ainsi coordonnée par cette équipe
libérale jusqu’à cicatrisation.

A l’hôpital ou en clinique, il existe des structures de prise en charge de ces patients porteurs de plaies
chroniques en hospitalisation courte ou en ambulatoire (centre de cicatrisation). Dans ces structures,
on trouve une équipe multidisciplinaire avec médecin infirmier, podologue, diabétologue, chirurgien
orthopédique ou vasculaire, infectiologue, algologue nutritionniste…

Lorsque cette structure est ambulatoire, le patient vient de son domicile, adressé par son équipe
soignante au centre de cicatrisation où sont effectués : un diagnostic du type de plaie, une évaluation
de l’urgence, un soin de la plaie, un protocole de soins puis le patient retourne à son domicile avec un
rendez-vous pour une prochaine consultation au centre de cicatrisation en ambulatoire. Lors de cette
consultation de suivi, le patient a un soin de sa plaie, une adaptation du protocole des soins locaux et
une consultation spécialisée avec le podologue, le podo-orthésiste, l’infectiologue, le diabétologue, le
nutritionniste, le chirurgien, l’algologue… en fonction des besoins. Dans certains cas, une hospitalisation
est nécessaire par exemple pour revascularisation. Cette hospitalisation est programmée dans les jours
qui suivent. Une fois revascularisé, le patient retourne à son domicile avec un rendez-vous au centre
de cicatrisation où il suit le trajet déjà décrit jusqu’à cicatrisation complète. Ceci permet une nette
diminution de la durée moyenne d’hospitalisation.

En parallèle et dans la continuité de ces structures, s’est développé le télésuivi ou la télé consultation
des plaies. La téléformation des équipes soignantes y est souvent associée. Ces nouvelles technologies
permettent de prendre en charge des patients éloignés des centres experts ou ayant des difficultés
de déplacement du fait de leur grand âge ou de troubles cognitifs (patiente en EHPAD). En France,
de nombreuses expériences sont rapportées avec différents types de fonctionnement. Les régions
Languedoc-Roussillon et la Basse-Normandie ont mis en place le projet DOMOPLAIES dont le but est
de démontrer que la télémédecine permet une bonne prise en charge des plaies complexes sur le lieu
de vie des patients leur évitant des déplacements et des hospitalisations injustifiées.

Toutes ces nouveautés organisationnelles et technologiques permettent une meilleure organisation
des soins. Toutefois, actuellement, la filière de soins des patients porteurs de plaies chroniques n’est
toujours pas suffisamment lisible et organisée pour permettre une prise en charge optimale. Les patients
arrivent encore trop tardivement du fait de la non-connaissance de ces filières.

Leger-parcours-de-soins

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