Congrès SFP décembre 2014

Fréquence et coûts des thromboses veineuses profondes et des embolies pulmonaires survenant au cours du séjour hospitalier.

F.A. ALLAERT (1) E. BENZENINE (2) C. QUANTIN(2)

(1) Chaire d’évaluation médicale des allégations de santé ESC et CenBiotech Dijon
(2) Département de l’information médicale CHRU du Bocage Dijon

Objectif de l’étude
L’objectif de cette étude était d’évaluer les coûts directs induits pour l’assurance maladie par les
thromboses veineuses profondes et les embolies pulmonaires survenant au cours du séjour hospitalier
sur la base des données de la base nationale du PMSI MCO et de la tarifi cation à la pathologie T2A.
Méthodologie

La base nationale PMSI MCO comporte l’ensemble des résumés de sortie anonymes transmis et
validés par les établissements de santé, publics et privés de France, ayant une activité d’hospitalisation
en médecine, chirurgie et obstétrique. Depuis 2009, les séjours ont en diagnostic principal des
résumés d’unité médicale le motif d’admission dans l’unité médicale et non plus le diagnostic ayant
mobilisé le plus de ressources dans l’unité médicale. Cette évolution permet dès lors de distinguer
les pathologies pour lesquelles les patients ont été admis à l’hôpital de celles qui sont apparues au
cours du séjour hospitalier. Ont été considérées comme une thrombose veineuse profonde ou une
embolie pulmonaire survenant au cours du séjour à l’hôpital tous les séjours d’une durée supérieure à
48 heures avec mention d’un des codes de la classifi cation internationales des maladies CIM 10 quelle que
soit sa position (Diagnostic principal, diagnostic relié ou diagnostic associé signifi catifs) sauf en diagnostic
principal du premier séjour. L’évaluation fi nancière a été réalisée sur la base de la tarifi cation à la pathologie
T2A. Ces résultats doivent être considérés comme des résultats préliminaires du fait des diffi cultés
d’identifi cation des parcours de soins antérieurs des patients et du délai de survenue de l’événement
thromboembolique ; les travaux en cours actuellement pour les préciser estiment que leur précision est
sans doute affectée d’une marge d’erreur de l’ordre de 10%. Ils donnent cependant pour la première fois
une évaluation de l’ampleur des couts induits par les maladies thromboemboliques veineuses dont une
partie importante pourrait sans doute être évitée par une prévention plus active.
Résultats
Les résultats issus de la période 2010 à 2011 portent sur 23 311 963 séjours hospitaliers de plus de
2 jours dans les hôpitaux publics et privés français et font apparaître parmi eux 273 931 thromboses
veineuses profondes et/ou embolies pulmonaires soit 1,2% des hospitalisations. Parmi maladies
thromboemboliques veineuses, le pourcentage de celles survenue durant le séjours hospitaliers est de
59,7% et parmi elles les thromboses veineuses profondes sans embolies pulmonaires représentent
61,2% et les embolies pulmonaires avec ou sans les thromboses veineuses profondes 38,8%. Après
indexation sur leur sévérité et les tarifs accordés par la T2A, les coûts des thromboses veineuses
survenant au cours du séjour hospitalier s’établiraient à 313 041 501 euros et ceux liés aux embolies
pulmonaires à 282 988 486 euros soit un total de 596 029 987 euros.
Discussion
Ces résultats doivent être considérés comme des résultats préliminaires du fait des diffi cultés
d’identifi cation des parcours de soins antérieurs des patients et du délai de survenue de l’événement
thromboembolique. Les travaux en cours actuellement pour estiment que leur précision est sans doute
affectée d’une marge d’erreur de l’ordre de 5 à 10%. Cette étude donne cependant pour la première fois
une évaluation de l’ampleur des coûts induits par les maladies thromboemboliques veineuses dont une
partie importante pourrait sans doute être évitée par une prévention plus active. En particuliers on doit
d’interroger sur le recours sans doute encore trop limité à des compressions élastiques exerçant des
pressions effi caces et aux anticoagulants. Ces éléments d’analyse issus du PMSI pourraient être utilisés
pour évaluer dans l’avenir les progrès obtenus par une plus grande systématisation de la prophylaxie
notamment dans les services de médecine et d’oncologie.
Conclusion
Au vu du nombre et des coûts induits par les maladies thromboemboliques veineuses survenant durant
le séjour à l’hôpital, un renforcement de la prophylaxie serait sans aucun doute coût/effi cace et aurait
également un bon rapport bénéfi ce/coût car au delà de leurs coût, leur conséquences sont lourdes pour
les patients, parfois mêmes létales.