Congrès SFP décembre 2014Fiches informations Patients

L’information du patient, la confiance renforcée

M.S. JULIA

Présidente AVIAM

Informer c’est avertir, renseigner, annoncer, prévenir
Un patient c’est un malade voire un client
La confiance c’est un sentiment de sécurité, de garantie.
Renforcer c’est conforter, fortifier, soutenir, rassurer.
Ces précisions étant données je voudrais établir le lien entre ces différentes définitions

et le thème de mon intervention. L’information du patient, la confiance renforcée.
Le patient qui consulte son médecin qui se dirige vers son cabinet porte en lui un sentiment de sécurité,
son médecin va le rassurer, il va le conseiller, il n’est plus seul.
Un véritable dialogue doit s’instaurer entre le patient et le professionnel de santé.
Le premier expose son problème le second propose des solutions en les lui expliquant, donnant toutes
les informations nécessaires soit sur un traitement soit sur une intervention.
Quelle que soit la pathologie, l’information donnée devrait être la plus simple possible afin d’être bien comprise,
la plus large possible évitant ainsi l’exception et surtout l’incompréhension lorsqu’un effet indésirable se
produit. Arrêtons- nous un instant sur la difficulté de donner et de comprendre l’information.
Le professionnel de santé est le sachant, il connaît parfaitement sa discipline et va essayer de faire passer
une information à son patient. Cependant le patient est inquiet, soucieux pour sa santé et demande à son
médecin le plus d’informations possible, mais trop souvent il n’entend que ce qu’il veut bien.
Le médecin a pour mission de délivrer l’information sur les risques, sur le bénéfice de cette option
thérapeutique, le patient doit pouvoir recevoir ces informations, les comprendre et accepter le traitement
avec confiance.
Toute la difficulté repose sur un savant dosage entre ce que le médecin peut dire à son patient et ce que
ce dernier peut accepter. Où mettre le curseur ?
À ce moment-là se pose réellement la relation patient/ médecin. Un médecin sait jusqu’où il peut aller dans
la délivrance de l’information et le malade doit pouvoir accepter la réalité d’un traitement.
Une information donnée entre deux portes fait naître l’angoisse, la peur et va précipiter le patient sur
internet. Une information donnée au cours d’un dialogue, comme un entretien questions réponses
renforce la confiance témoignée envers le professionnel de santé.
Le patient a l’esprit tranquillisé, car il sait ce que l’on va lui faire et éventuellement les conséquences de tel
ou tel acte. Le malade a d’ailleurs signé un consentement éclairé, ce dernier étant très souvent l’oeuvre de
sociétés savantes. Si le patient signe ce consentement, il faut néanmoins qu’il ait reçu toutes les explications
concernant sa prise en charge. Un tel document rendu signé sans autre explication n’a pas de valeur.
Il y a en quelque sorte deux informations : celle qui sera délivrée avant tout acte et celle qui sera délivrée
après l’acte. Le plus souvent la première information est bien donnée et bien comprise, c’est la seconde
qui pose le plus problème.
Lorsqu’un événement indésirable se produit trop souvent l’explication tarde à venir et le patient se trouve
bien seul face à cette nouvelle situation.
Le malade ou sa famille dira volontiers : on m’a expliqué les risques, mais pas comment les assumer
comment gérer maintenant la situation dans laquelle il ou elle se trouve.
Ainsi l’information est un facteur de conflit si elle n’est pas largement diffusée avant et après tout acte
médical. Aucun acte n’est banal, tout acte comporte un risque, à ce risque correspond une information
qui doit être adaptée.
Membre de la Commission de Conciliation et d’Indemnisation d’Ile de France j’ai pu noter que le défaut
d’information est bien souvent à l’origine de la saisine de cette instance.
Ce défaut d’information est également un critère de recevabilité devant la Commission. Si ce manque
d’information n’est pas à l’origine d’une perte de chance, il n’en demeure pas moins qu’il est à l’origine
d’une perte de confiance envers le monde médical. Des recherches approfondies se font immédiatement
sur internet dont les résultats sont peu ou pas compris, voire mal interprétés par l’usager.
Ne perdons pas de vue que la source de nombreuses procédures trouve son origine dans le manque de
dialogue et d’explications données avant ou après un acte médical.
Au patient de comprendre que le médecin a un temps restreint pour chaque consultation et au médecin
de faire au mieux pour éclairer son patient.