Prise en charge des maladies veineuses superficielles

Veinotoniques dans l'insuffisance veineuse
Les affections veineuses superficielles représentent une pathologie fréquente et complexe, dont tous les mécanismes de survenue et d’aggravation n’ont pas encore été parfaitement élucidés.

Leur prise en charge comprend deux catégories :

1. Les mesures et traitements non opératoires

  • l’hygiène de vie pour laquelle l’activité physique représente une part importante (voir l'article sur l'hygiène de vie et varices),
  • la compression élastique (voir l'article sur les bas varices)
  • les veinotoniques et phlébotropes

2. Les traitements opératoires, visant à agir directement sur les varices :

L’hygiène de vie et les traitements non opératoires ont leur place à tous les stades de la maladie, avec pour objectif principal d'empêcher la survenue des symptômes veineux ou de les soulager lorsqu’ils sont présents.

Les phlébotropes peuvent ainsi être utilisés :

  • dès le stade précoce, soit de façon isolée, pour soulager lourdeurs, douleurs, crampes, sensations de gonflement…, soit en association avec la compression. L’hygiène de vie gardera bien entendu toute sa place.
  • au stade des varices, avec ou sans altération de la peau et des tissus, ils pourront être utilisés de façon adjuvante aux traitements opératoires des varices, si les symptômes sont présents ou persistent.
  • au stade d’ulcère veineux, par leur action anti-inflammatoire, ils pourraient accélérer la cicatrisation, associés aux traitements locaux, à la compression, et aux traitements opératoires le cas échéant.

Les veinotoniques et les phlébotropes ou veinotropes, sont nombreux à être commercialisés. Ils ne sont pas tous équivalents.

Les études réalisées montrent que les veinotoniques et phlébotropes ont deux actions différentes :

  • une action sur le tonus veineux (renforcement de la tonicité de la paroi de la veine), assurée par les veinotoniques
  • une action anti-inflammatoire qui semble être celle qui entraîne le plus d’effets bénéfiques, plus spécifique des phlébotropes. En effet, l’insuffisance des valves provoque une stase du sang veineux au niveau des chevilles et des jambes. Cette stase de sang pauvre en oxygène, augmente la perméabilité des capillaires vers les tissus et favorise l’œdème et l’apparition de phénomènes inflammatoires. Les phlébotropes s’opposeraient à cette inflammation et pourraient également agir contre l’œdème. Ils ont en général également une action sur le tonus veineux.

Certains produits sont d’origine synthétique, mais la plupart sont fabriqués à partir de plantes. Selon les cas et l’indication, ils sont utilisés en « cures » de quelques mois, parfois en continu. Ils peuvent aussi être conseillés de façon plus ponctuelle, comme par exemple pour un voyage long courrier et lors d'un séjour dans un pays chaud (compression élastique mal supportée).
Ils sont globalement bien tolérés, ont peu de contre-indications et peu d’interactions avec d’autres médicaments. Cependant, dans certains cas, des précautions d’emploi peuvent exister.

Certains phlébotropes ont fait l’objet d’études cliniques, mais d’autres traitements sont commercialisés sans avoir fait l’objet d’aucune étude.
Enfin, parmi les produits les plus efficaces, selon le type de symptômes présents, ils n’auront pas tous le même impact.

En résumé, même si les veinotoniques et phlébotropes ne sont pas remboursables et sont en vente libre, il s’agit de médicaments, pour lesquels un avis médical est préférable plutôt qu’une automédication.
En cas de symptômes durables, il est également souhaitable de prendre un avis spécialisé auprès d’un phlébologue/médecin vasculaire, afin de faire une évaluation précise de l'état veineux.

 

Références :

Ameli-santé 2015 : Traitement des varices des jambes